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voici les liens web qui vous en diront plus sur Mouloudji
Pour connaitre un peu mieux sa vie…
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Mouloudji
Pour l’ecouter…
voici les liens web qui vous en diront plus sur Mouloudji
Pour connaitre un peu mieux sa vie…
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Mouloudji
Pour l’ecouter…
C’est l’histoire d’une journée de septembre 1991, où je vous ai rencontré pour la première fois, Mouloudji.
Les cheveux et le regard noir, un charme à vous bouleverser une vie, vous m’avez dit que vous étiez un peu malade…mal au foie(?) ou prudence vis à vis de ma personne???…
Vous vouliez sûrement vous garder une porte de sortie, car vous étiez si sauvage. Vous tourniez autour de moi, vous m’observiez l’air de rien, et ne manquant aucun de mes faits et gestes.
En fait cette rencontre qui devait être brève, nous avons pris du plaisir à la faire durer et jusqu’à votre mort, le 14 Juin 1994.
Pendant ces trop courtes années je partageais du temps et des silences avec vous, l’un de nos derniers grands poètes.
Vous n’étiez pas attiré par l’argent, pas attiré par les fastes, pas séduit non plus par les « bavards » trop fréquents dans ce métier d’artistes devenu très/trop artificiel…
Vous qui avez côtoyé, Sartre, Beauvoir, Piaf, qui avait été élevé par Marcel Duhamel et Jacques Prévert… « Moulou », auteur-interprète , peintre, chanteur, écrivain, comédien, Mouloudji, artiste complet, vous pensiez que votre talent était mesuré, voire limité. Vous étiez d’une modestie maladive et vous vous trouviez « lisse ». Bien au contraire…
Votre plaisir était de lire, de peindre ou encore de vous promener avec Urane, votre chien labrador, dans un bois du côté de la Grande Cascade à Boulogne, voire même de créer des embouteillages à bord de votre vieille DS… (pour mieux contempler les nids d’oiseaux perchés en haut des arbres bordant la nationale qui vous ramenait vers Suresnes.)
Souvent même vous stoppiez votre voiture « Fantomassienne » au milieu de la route pour les apercevoir de plus près, sous les yeux médusés et en colère des automobilistes pressés.
Mouloudji, votre corps était sur terre , et votre esprit dans les étoiles. Vous rêviez sans cesse, appréciez et admiriez les détails de notre monde: pour vous l’important est si banal, l’anodin…primordial.
Mouloudji, charmeur, travailleur, poète…Mouloudji aux cent vies.
Moulou, 17 ans déjà…Moulou, que j’ai tant aimé, Mouloudji que j’aime et que je n’oublierai jamais.
Maryel Devera
Boxartist
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Six feuilles mortes de San Francisco
Je t’envoie six feuilles mortes de San Francisco,
Des poissons volants volés à Valparaiso
Une vague de ciel, un joli clair de Terre
Un morceau d’océan, une cuillère de désert.
Je t’envoie un volcan, je t’envoie des oiseaux,
Des baleines, des haleurs, un typhon, des bateaux,
Une aurore boréale, une rivière, une poupée,
Et des étoiles tombées sur le pont du bateau
Au long de la croisière, je ne pense qu’à toi
Pas mis le nez à Terre, tant j’ai le mal de toi.
Je t’envoie six feuilles mortes de San Francisco
Trois soleils et trois lunes volés à Mexico
Un récif de corail, une petite sirène
Comme on en voit danser à minuit sur la Seine,
Je t’envoie des brillants du ciel d’Acapulco,
Une poignée de neige du Kilimandjaro,
Une rose de Rio, une araignée du soir,
Et dix mille kilomètres de « je t’aime » en sautoir.
J’en ai le mal ma chère, de ta chère chair en soie
J’en ai le mal de Terre, j’en ai le mal de toi.
Je t’envoie six feuilles mortes de San Francisco
Je t’envoie ces diamants qui rigolent sur l’eau
Je t’envoie mon amour et caresse la chaîne
Qui relie nos deux coeurs, du navire à la Seine.
« Un jour tu verras »

Les débuts dans la vie de Mouloudji sont plutôt difficiles. Il est né à Belleville dans une grande pauvreté. Son père est un émigré kabyle et sa mère une fervente catholique bretonne.
Auprès de ses parents il ne rencontre que tourmente et disputes.
Son père se noie dans l’alcool et sa mère dans une dépression. Avec son frère André, ils exercent une quantité de petits boulots de rue dont celui de chanteur.
A onze ans, il décroche un petit rôle dans un film sur Ménilmontant.

A l’adolescence, il s’inscrit aux Faucons Rouges, association proche du parti communiste.
Il n’a que treize ans, et il fait la connaissance de Sylvain Atkine, metteur en scène dans le groupe Octobre, association affiliée à la Fédération des Théâtres Ouvriers de France. C’est là qu’il rencontre des grands noms tels que Jean Louis Barrault ou Roger Blin.
Tres vite, c’est Marcel Duhamel qui le recueillera. Moulou le considèrera comme un père.
Grâce à Duhamel il fera la connaissance des plus grands, et notamment Jacques Prévert ainsi que les membres du groupe théâtral Octobre.


Il prend des cours de théâtre avec le Maître Charles Dullin.
En 1936, il joue dans son premier spectacle, Le Tableau des merveilles, inspiré de Cervantès sur une adaptation de Jacques Prévert.
Cette année là, il participe à l’immense mouvement artistique solidaire du front populaire et des grandes grèves. Avec beaucoup d’artistes, il joue dans les usines.

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Par Jacques Prévert, il rencontre Marcel Carné qui lui donne un petit rôle chantant dans « Jenny » en 1936.
Il n’a que 14 ans et sa carrière s’emballe, il enchaîne alors film sur film.
Le plus célèbre reste « Les Disparus de Saint Agil » de Christian Jaque en 1938. Il n’a que seize ans et est déjà une vedette de l’écran.


Au début de la Seconde guerre mondiale, il se réfugie dans le sud de la France, à Marseille en zone libre, avec le Groupe octobre. C’est là qu’il rencontre Francis Lemarque.

Francis Lemarque
Malgré l’ambiance chaotique de l’époque, il peut quand même travailler. Il évite le STO (Service du Travail Obligatoire) grâce à son frère qui était gravement malade, et qui se fit passer pour Moulou. A la fin de la guerre, il retourne à Paris où il exerce une foule de petits boulots.
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Il chante au Bœuf sur le toit et découvre le milieu artistique de Saint germain des Prés. Cette fréquentation le pousse à écrire un ouvrage de mémoire Enrico.
Il n’a que vingt ans et il reçoit le Prix de la Pléiade à la Libération en 1945.
Vers 1947, il se met à la peinture.


Mais c’est à la chanson qu’il s’intéresse pus particulièrement. Il chante Boris Vian ou Jacques Prévert dans les cabarets en vogue.
Il reste très présent sur les écrans. Il tourne dans des films devenus des classiques du cinéma français : Boule de suif (Christian-Jaque, 1947), Nous sommes tous des assassins (André Cayatte, 1952).

Dans Eaux troubles de René Calef en 1949, il joue même son propre rôle.

Il enregistre son premier disque en 1951, avec quelques titres importants tels Rue de Lappe, Si tu t’imagines et Barbara.
C’est également à cette époque qu’il monte sur scène pour la première fois à Bobino. Comme bon nombre de jeunes débutants de l’époque, c’est Jacques Canetti, le fameux agent artistique et maître du cabaret des 3 baudets, qui entraîne Mouloudji vers le succès.
Il enregistre le fameux Comme un p’tit coquelicot, qui obtient un extraordinaire succès. Grâce à ce titre, Mouloudji obtient le Grand Prix du disque en 1953 et le Prix Charles-Cros en 1952 et 1953.

Comme un petit coquelicot
Un autre titre, « Un jour tu verras », tiré du film Secrets d’alcôve, remporte le même succès en 1954.

Pendant la guerre d’Indochine, Mouloudji ne renie pas son engagement de militant pacifiste, ce qui lui procure quelques soucis avec la censure, notamment avec la chanson Le Déserteur, manifeste antimilitariste écrit par Boris Vian. Il l’interprète malheureusement le jour même de la chute de Dien Biên Phu, le scandale éclate, il devient très vite la cible des politiques et des censeurs de tous poils. La chanson est interdite d’antenne à l’exception d’Europe 1 qui la diffuse.
Le deserteur
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Par la suite, d’autres de ses titres connaîtront le même sort. En 1955, il tient le haut de l’affiche à l’Alhambra. Bien qu’il soit d’avantage un interprète, il commence à écrire de plus en plus ses propres textes à la fin des années 50.
Le Mal de Paris
Mouloudji document 1953
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Désormais, la chanson prend la place principale dans sa vie. Il fait sa dernière apparition au cinéma dans Rafles sur la ville de Pierre Chenal et dans un film hispano-suédois, Liegaron dos hombres.

Il signe chez Vogue en 1961, mais il finit par créer sa propre marque de disques sous forme d’une coopérative. Il lance ainsi en 1965, un jeune Néo-zélandais vivant en France : Graeme Allwright.
Rester intègre et ne pas sacrifier ses convictions à sa carrière est essentiel pour lui. Ayant plusieurs fois subi la censure, Mouloudji écrit sans se soucier de l’effet produit, il sait qu’il sera peu ou pas du tout diffusé en radio. Il évoque en 1970 dans Autoportrait, son métissage.
« Autoportrait » de Mouloudji
Catholique par ma mère
Musulman par mon père
Un peu juif par mon fils
Bouddhiste par principe
Alcoolique par mon Oncle
Névrosé par Grand-Mère
Sans classe par vieille honte
Dépravé par Grand-Père
Royaliste par ma mère
Fataliste par mon frère
Communiste par mon père
Marxiste par mimétisme
Hépatique par la guerre
Ruiné par les soeurs-âmes
Vieilli par la bonne chair
Abruti par les femmes
Âthée, oh Grâce à Dieu…
Âthée oh Grâce à Dieu…
Fripon comme un matou
Vertueux comme un principe
Coureur comme un toutou
Foutu comme l’as de pique
Sensuel comme un caniche
Modeste comme personne
Dépravé comme un homme
Cabot comme un ministre
Double comme un notaire
Jouisseur comme un avare
Dur comme un militaire
Tendre comme un buvard
Ivrogne comme une basse
Coureur comme un bary-
ton, con comme un ténor
Et veau comme le veau d’or
Âthée, oh Grâce à Dieu…
Âthée oh Grâce à Dieu…
Cocu par ma moitié
Brimé par ma concierge
Haï par mes voisins
Détesté par les chiens
Raté pour les affaires
Ruiné par bonté d’âme
Malheureux comme un âne
Gâteux comme un fils/père.
Catholique par ma mère
Musulman par mon père
Un peu juif par mon fils
Bouddhiste par principe
Royaliste par ma mère
Communiste par mon père
Raté par mes aïeux
Athée oh grâce à Dieu



En 1974, il enregistre un album consacré aux chants et poèmes de la Résistance. On l’entend aussi sur une compilation de chants ouvriers et sur une autre consacrée à la Commune de Paris en 1871.
Il participe en 1974 à un gala de soutien à la gauche chilienne. Il garde un public très fidèle qui lui fait un accueil délirant à chacune de ses prestations scéniques, tel lors de son retour à l’Olympia en 1975. Il continue l’écriture, et enregistre, Merci la vie en 1974, Madame la Môme en 1975, Le Bar du temps perdu en 1977 (Grand prix du disque).
Province Blues

Madame Garbo


Enfin, en 1976, avec Marcel Azzola, il enregistre une anthologie du Musette, « Et ça tournait » ainsi qu’un disque hommage à Prévert.
Il donne d’innombrables concerts peu repris par les médias. Il est fatigué et retourne à ses premières amours, l’écriture et la peinture.
Tout fout l’camp
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Il remonte sur scène à l’Elysée Montmartre en 1987. En 1992, il est atteint d’une pleurésie qui lui enlève en partie sa voix. Il tentera de sortir un album qui n’a pas le temps de voir le jour.
En mars 1994, il est invité au festival Chorus des Hauts de Seine, puis donne son ultime récital en avril prés de Nancy. Atteint d’un tumeur au cerveau, frontale et foudroyante, Mouloudji s’éteind un mardi à la chaleur caniculaire… le 14 juin 1994. Il était plein de projets, de tableaux, de livres, ainsi qu’un nouvel album. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris.
Mouloudji « tous mes amis s’en vont au vent »
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Filmographie

* 1936 : Ménilmontant de René Guissart – Toto
* 1936 : La Guerre des gosses de Jacques Daroy – La Crique
* 1936 : Jenny de Marcel Carné – Le chanteur des rues
* 1937 : Mirages ou Si tu m’aimes de Alexandre Ryder – Le groom
* 1937 : Claudine à l’école de Serge de Poligny – Moulou
* 1937 : À Venise, une nuit de Christian-Jaque – Le jeune Toto
* 1937 : Record 37 de Jacques B. Brunius et Jean Tarride
* 1938 : Les Disparus de Saint-Agil de Christian-Jaque : Philippe Macroy
* 1939 : Le grand élan de Christian-Jaque et Harry R. Sokal – Pierrot
* 1939 : Les gaités de l’exposition de Ernest Hajos
* 1940 : L’Entraîneuse de Albert Valentin – Le cancre
* 1941 : L’Enfer des anges de Christian-Jaque : le jeune Léon
* 1941 : Premier bal de Christian-Jaque – Le télégraphiste
* 1941 : Les Inconnus dans la maison de Henri Decoin : Ephraïm « Amédé » Luska
* 1943 : Adieu Léonard de Pierre Prévert – Le ramoneur
* 1943 : Les Roquevillard de Jean Dréville
* 1944 : Vautrin de Pierre Billon – Calvi
* 1944 : L’Ange de la nuit de André Berthomieu – Un étudiant
* 1945 : Boule de suif de Christian-Jaque – Un Franc-tireur
* 1945 : Les Cadets de l’océan de Jean Dréville : Passicot
* 1946 : Le Bataillon du ciel (Film tourné en deux époques : « Ce ne sont pas des anges » et « Terre de France ») de Alexander Esway – Le Canaque
* 1946 : La Maternelle (film) de Henri Diamant-Berger – Paulo
* 1947 : Les jeux sont faits de Jean Delannoy : Lucien Derjeu
* 1948 : Bagarres de Henri Calef – Angelin
* 1948 : Tête blonde de Maurice Cam – Bernard
* 1949 : Les Eaux troubles de Henri Calef – Ernest
* 1950 : Justice est faite de André Cayatte : Amadéo, le valet de ferme
* 1950 : La souricière de Henri Calef – Mouton
* 1951 : La maison Bonnadieu de Carlo Rim – Il est uniquement l’interprète des chansons
* 1951 : Gibier de potence de Roger Richebé – Ernest
* 1952 : Nous sommes tous des assassins de André Cayatte : René Le Guen
* 1952 : Trois femmes de André Michel – Raoul, dans le sketch : Mouche
* 1953 : La Vie d’un honnête homme de Sacha Guitry – Le chanteur
* 1953 : La ballade des réverbères – court métrage – de Pierre Gout
* 1954 : Boum sur Paris de Maurice de Canonge – Il tient son propre rôle
* 1954 : Secrets d’alcôve de Ralph Habib – Ricky dans le sketch : Riviera experss / Il Letto.
* 1955 : Tout chante autour de moi de Pierre Gout – Georges
* 1955 : Les indiscrètes de Raoul André
* 1957 : Jusqu’au dernier de Pierre Billon : Quedchi
* 1958 : Rafles sur la ville de Pierre Chenal – Lucien Donati dit: « Le Niçois »
* 1958 : Deux hommes sont arrivés (Llegaron dos hombres) de Eusebio Fernández Ardavín et Arne Mattsson – Angel garcia
* 1958 : 58.2/B de Guy Chalon – Il assure le commentaire
* 1960 : La belle saison est proche – court métrage, documentaire – de Jacques Barral – Il joue son propre rôle
* 1961 : La Planque de Raoul André – Georges
* 1962 : Le livre muet – court métrage – de Gérard Dumont – Le jeune homme romantique
* 1977 : Jacques Prévert – moyen métrage, documentaire – de Jean Desvilles – Il tient son propre rôle

* Il interprète uniquement des chansons dans les films suivants:
* 1958 : Ma Jeannette et mes copains – court métrage – de Robert Menegoz
* 1970 : Biribi de Daniel Moosman
* 1972 : Le Franc-tireur de Jean-Max Causse et Roger Taverne
Discographie




Les photos présentées ici appartiennent à la collection privée de Maryel Devera
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Nous nous regarderons
Et nous nous sourirons
Et la main dans la main
Par les rues nous irons
Le temps passe si vite
Le soir cachera bien
Nos cœurs, ces deux voleurs
Qui gardent leurs bonheurs
Puis nous arriverons
Sur une place grise
Où les pavés seront doux
A nos âmes grises
Il y aura un bal
Très pauvre et tres banal
Sous un ciel plein de brume
Et de mélancolie
Un aveugle jouera
De l’orgue de barbarie
Cet air pour nous sera
Le plus beau, le plus joli
Puis je t’inviterai
Ta taille je prendrai
Nous danserons tranquille
Loin des gens de la ville
Nous danserons l’amour
Les yeux au fond des yeux
Vers une fin du monde
Vers une nuit profonde
Un jour tu verras
On se rencontrera
Quelque part, n’importe où
Guidés par le hasard
Nous nous regarderons
Et nous nous sourirons
Et la main dans la main
Par les rues nous irons
Moulin Rouge
Moulin des amours
Tu tournes tes ailes
Au ciel des beaux jours
Moulin des amours
Mon coeur a dansé
Sur tes ritournelles
Sans même y penser
Mon coeur a dansé.
Ah, mon Dieu, qu’ils étaient jolis
Les yeux qui valsaient dans les miens
On s’aimait presqu’à la folie
Et cet amour nous plaisait bien…
Des mots de bonheur
Chantaient sur tes ailes
Des mots de bonheur
Simple comme nos coeurs…
Dis moi chérie, dis-moi que tu m’aimes
Dis-moi chérie que c’est pour la vie
Moulin des amours
Tu tournes tes ailes
Au ciel des beaux jours
Moulin des amours
Comme on a dansé
Sur tes ritournelles
Tous deux enlacés
Comme on a dansé!
Que de fois l’on a répété
Ces mots qui chantaient dans nos coeurs
Et pourtant que m’est-il resté
De tant de rêves de bonheur?
Un simple moulin
Qui tourne ses ailes
Un simple moulin
Rouge comme mon coeur!
Dis moi chérie, dis-moi que tu m’aimes
Dis-moi chérie que c’est pour la vie
J’ai le mal de Paris
De ses rues de ses boulevards
De son air triste et gris
De ses jours de ses soirs
Et l’odeur du métro
Me revient aussitôt
Que je quitte mon Paris
Pour des pays moins gris.
J’ai le mal de la Seine
Qui écoute mes peines
Et je regrette tant
Les quais doux aux amants.
J’aime me promener
Dans tous les beaux quartiers
Voir au Palais-Royal
Les filles à marier
Traîner à Montparnasse
De café en café
Et monter à Belleville
Tout en haut de la ville
Pour la voir en entier.
J’ai le mal du pays
Quand je suis loin de Paris
Me prend le vague à l’âme
J’ai le coeur qui s’ennuie
Je vais voir cette dame
Dont les trois épanouis
Autour de Notre-Dame
Font des vagues infinies.
J’ai le mal de la nuit
De la nuit de Paris
Quand les filles vont et viennent
A l’heure où moi je traîne.
J’ai le mal des saison
Qui poussent leurs voitures
Dans les rues de Paris
Et changent sa parure
Le printemps va gaiement
Les arbres sont contents
Puis l’été se promène
C’est dimanche tout la semaine
Les feuilles tombent blêmes.
J’ai le mal de Paris
Durant les jours d’hiver
C’est gris et c’est désert
Tant de mélancolie.
Oui, j’ai le mal d’amour
Et je l’aurais toujours
C’est drôle mais c’est ainsi
J’ai le mal de Paris.
Je t’envoie six feuilles mortes de San Francisco
Des poissons volants volés à Valparaiso
Une vague de ciel, un joli clair de terre
Un morceau d’océan, une cuillère de désert.
Je t’envoie un volcan, je t’envoie des oiseaux,
Des baleines, des hâleurs, un typhon, des bateaux,
Une aurore boréale, une rivière, une poupée,
Et des étoiles tombées sur le pont du bateau…
Au long de la croisière je ne pense qu’à toi
Pas mis le nez à terre tant j’ai le mal de toi.
Je t’envoie six feuilles mortes de San Francisco
Trois soleils et trois lunes volés à Mexico
Un récif de corail, une petite sirène
Comme on en voit danser à minuit sur la Seine,
Je t’envoie des brillants du ciel d’Acapulco,
Une poignée de neige du Kilimandjaro,
Une rose de Rio, une araignée du soir,
Et dix mille kilomètres de « je t’aime » en sautoir.
J’en ai le mal ma chère, de ta chère chair en soie
J’en ai le mal de terre, j’en ai le mal de toi.
Je t’envoie six feuilles mortes de San Francisco
Je t’envoie ces diamants qui rigolent sur l’eau
Je t’envoie mon amour et caresse la chaîne
Qui relie nos deux coeurs du navire à la Seine.
1 – Bonnes gens
Ecoutez la triste ritournelle
Des amants errants
En proie à leurs tourments
Parce qu’ils ont aimé
Des femmes infidèles
Qui les ont trompés
Ignominieusement
Méfiez-vous, femmes cruelles
Qu’on vous en fasse tout autant
La douleur n’est pas éternelle
Même chez le meilleur des amants
Vaincues par vos propres armes,
Vous connaîtrez à votre tour
Et le désespoir et les larmes
De la jalousie et de l’amour
{Refrain:}
Cœur pour cœur,
Dent pour dent,
Telle est la loi des amants,
Cœur pour cœur,
Dent pour dent,
Telle est la loi des amants.
2 – Bonnes gens,
C’est le refrain des filles cruelles
Sans foi, ni serment
Trompées par leurs amants,
Parce qu’ils ont aima
Des femmes infidèles,
Ils de sont vengés
Victorieusement
Ah ! souffrez mes tourterelles
Vous voici en peine d’amant ;
Des inquiétudes mortelles,
C’est vous qui connaîtrez le tourment,
Répandez vos jolies larmes
Oui, pleurez, c’est bien votre tour,
Vous avez dû rendre vos armes
Et l’amour est mort, vive l’amour !
{au Refrain}
Il y a peu être 150 millions de galaxies
contenant chacune 120, 150 millions d’étoiles…
A des centaines de milliers d’années lumières…
Il y a des centaines d’autres galaxies
contenant encore des milliards d’étoiles…
Poussière dans un Sahara d’étoiles…
malgré les grands yeux du néant
c’est pour mieux nous manger enfant
et les silences et les boucans…
faut vivre
bien qu’aveugles sur fond de nuit
entre les gouffres infinis
des milliards d’étoiles qui rient…
faut vivre…
malgré qu’on soit pas toujours beau
et que l’on ait plus ses seize ans
et sur l’espoir un chèque en blanc
faut vivre…
malgré le cœur qui perd le nord
au vent d’amour qui souffle encore
et qui parfois encore nous grise
faut vivre…
malgré qu’on ait pas de génie
n’est pas Rimbaud qui peu pardi
et qu’on se cherche un alibi
malgré tous nos morts en goguette
qui errent dans les rues de nos têtes
faut vivre…
malgré qu’on soit brave et salaud
qu’on est des complexes à gogo
et qu’on les aime c’est ça le pire
faut vivre…
malgré l’idéal du jeune temps
qui c’est usé au nerf du temps
et par d’autre repris en chantant
faut vivre…
malgré qu’en s’tournant vers l’passé
on est effrayé de s’avouer
qu’on a tout de même un peu changer
faut vivre…
malgré qu’on soit du même voyage
qu’on vive en fou, qu’on vive en sage
tout finira dans un naufrage
faut vivre…
malgré qu’au ciel de nos poitrines
en nous sentinelle endormie
dans un bruit d’usine gémit
le cœur aveugle qui funambule
sur le fil du présent qui fuit
faut vivre…
malgré qu’en nous un enfant mort
parfois si peu sourit encore
comme un vieux rêve qui agonise
faut vivre…
malgré qu’on soit dans l’engrenage
des notaires et des héritages
ou le cœur s’écœure et s’enlise
faut vivre…
malgré qu’on fasse de l’humour noir
sur l’amour qui nous en fera voir
jusqu’à ce qu’il nous dise au revoir
faut vivre…
malgré qu’à tous les horizons
comme un point d’interrogation
la mort nous regarde d’un œil ivre
faut vivre…
malgré tous nos serments d’amour
tous nos mensonges jour après jour
et bien que l’on ait qu’une vie
une seule pour l’éternité
malgré qu’on la sache ratée….
Faut vivre…
Tous les sam’dis soirs on allait
Comm’ ça
Dans un bal musette pour danser
Comm’ ça
Dans un vieux quartier fréquenté
Comm’ ça
Par les danseurs de java
Comm’ ça
Rue de Lappe
Rue de Lappe
Au temps joyeux
Où les frappes
Où les frappes
Etaient chez eux
Rue de Lappe
Rue de Lappe
En ce temps là
A petits pas on dansait la java
Les jul’s portaient des casquettes
Sur leurs cheveux gominés
Avec de bell’s rouflaquettes
Qui descendaient jusqu’au nez
Rue de Lappe
Rue de Lappe
C’était charmant
Rue de Lappe
Rue de Lappe
Mais plus prudent
Rue de Lappe
Rue de Lappe
Pour les enfants
De les emm’ner ce soir là au ciné
Plutôt que d’aller s’faire assassiner
Passez la monnaie
Passez la monnaie
Et ça tournait
Et plus ça tournait
Et plus ça tournait
Plus ça coûtait
Qu’est c’que ça coûtait
Qu’est c’que ça coûtait
Quelques tickets
Mais on n’les payait
Mais on n’les payait
Presque jamais
2 – Ceux qui n’sortaient pas de Polytechnique
Pour la politesse avaient leur Technique
Avec les gonzesses c’était à Coups d’trique
Qu’ils discutaient politique
Comm’ ça
Rue de Lappe
Rue de Lappe
On rencontrait
Une frappe
Une frappe
Qui revenait
Rue de Lappe
Rue de Lappe
Pour respirer
Un peu d’air frais de ce bon vieux quartier
Il laissait à la Guyane
Son bel ensemble rayé
Pour cueillir le cœur d’ces dames
Comme une poire au poirier
Rue de Lappe
Rue de Lappe
C’était parfait
Rue de Lappe
Rue de Lappe
Oui mais oui mais
Rue de Lappe
Rue de Lappe
Par les poulets
Un soir de rafle il se faisait cueillir
Pour la Guyane il devait repartir
Passez la monnaie
Passez la monnaie
Et ça tournait
Pendant qu’ça tournait
Pendant qu’ça tournait
On l’emmenait
Et ça lui coûtait
Et ça lui coûtait
Quelques années
Mais il n’les faisait
Mais il n’les faisait
Presque jamais
Rue de Lappe
Rue de Lappe
Quand il rev’nait
Rue de Lappe
Rue de Lappe
Il r’commençait