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Georges Brassens – « Quand on est con »


Georges Brassens – « Quand on est con »

 

Quand ils sont tous neufs,

qu’ils sortent de l’oeuf,

du cocon.

Tous

les jeunes blancs becs

prennent les vieux mecs

pour des cons.

Quand ils sont

venus,

les têtes chenues,

les grisons.

Tous les vieux fourneaux

prennent les

jeunots

pour des cons.

Moi qui balance entre deux âges

Je leur adresse tous un

message.

Refrain:

Le temps ne fait rien l’affaire.

Quand on est con, on est

con!

Qu’on ait 20 ans, qu’on soit grand-père

Quand on est con, on est con!

Entre

vous plus de controverses,

Cons caduques ou cons débutants.

Petits cons de la dernire

averse

Vieux cons des neiges d’antan ( x 2 )

Couplet 2:

Vous les cons

naissant,

les cons innocents,

les jeunes cons,

Qui, ne le niez pas, prenez les papas

pour des cons.

Vous les cons âgés,

les cons usags,

les vieux cons.

Qui,

confessez-le, prenez les p’tits bleus pour des cons.

Méditez l’impartial message

d’un

qui balance entre deux âges.

Refrain

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L’Anarchie (Brassens- Brel- Ferré)


L’Anarchie (Brassens- Brel- Ferré)

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Les amoureux des bancs publics


Les amoureux des bancs publics

Les gens qui voient de travers
Pensent que les bancs verts
Qu’on voit sur les trottoirs
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents
Mais c’est une absurdité
Car à la vérité
Ils sont là c’est notoir’
Pour accueillir quelque temps les amours débutants

Les amoureux qui s’ bécott’nt sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’ fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s’ bécott’nt sur les bancs publics,
Bancs publics, bancs publics,
En s’ disant des  » Je t’aim’  » pathétiqu’s
Ont des p’tit’s gueul’ bien sympatiqu’s.

Ils se tiennent par la main
Parlent du lendemain
Du papier bleu d’azur
Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher.
Ils se voient déjà doucement
Ell’ cousant, lui fumant,
Dans un bien-être sur
Et choisissant les prénoms de leur premier bébé

Quand les mois auront passé
Quand seront apaisés
Leurs beaux rêves flambants
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds
Ils s’apercevront émus
Qu’ c’est au hasard des rues
Sur un d’ ces fameux bancs
Qu’ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour.

Quand la saint’ famill’ machin
Croise sur son chemin
Deux de ces malappris
Ell’ leur décoche en passant des propos venimeux
N’empech’ que tout’ la famille
Le pèr’ la mèr’ la fille
Le fils le saint esprit
Voudrait bien de temps en temps pouvoir s’ conduir’ comme eux.

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A l’ombre du cœur de ma mie


A l’ombre du cœur de ma mie

A l’ombre du cœur de ma mi’ (bis)
Un oiseau s’était endormi (bis)
Un jour qu’elle faisait semblant
D’être la Belle au bois dormant.

Et moi, me mettant à genoux, (bis)
Bonnes fé’s, sauvegardez-nous ! (bis)
Sur ce cœur j’ai voulu poser
Une manière de baiser.

Alors cet oiseau de malheur (bis)
Se mit à crier Au voleur ! (bis)
Au voleur ! et A l’assassin !
Comm’ si j’en voulais à son sein.

Aux appels de cet étourneau, (bis)
Grand branle-bas dans Landerneau: (bis)
Tout le monde et son père accourt
Aussitôt lui porter secours.

Tant de rumeurs, de grondements, (bis)
Ont fait peur aux enchantements, (bis)
Et la belle désabusée
Ferma son cœur à mon baiser.

Et c’est depuis ce temps, ma sœur, (bis)
Que je suis devenu chasseur, (bis)
Que mon arbalète à la main
Je cours les bois et les chemins.

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A l’ombre des maris


A l’ombre des maris

Les dragons de vertu n’en prennent pas ombrage,
Si j’avais eu l’honneur de commander à bord,
A bord du Titanic quand il a fait naufrage,
J’aurais crié: »Les femm’s adultères d’abord! »

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière …

Car, pour combler les vœux, calmer la fièvre ardente
Du pauvre solitaire et qui n’est pas de bois,
Nulle n’est comparable à l’épouse inconstante.
Femmes de chefs de gar’, c’est vous la fleur des bois.

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière…

Quant à vous, messeigneurs, aimez à votre guise,
En ce qui me concerne, ayant un jour compris
Qu’une femme adultère est plus qu’une autre exquise,
Je cherche mon bonheur à l’ombre des maris.

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière…

A l’ombre des maris mais, cela va sans dire,
Pas n’importe lesquels, je les tri’, les choisis.
Si madame Dupont, d’aventure, m’attire,
Il faut que, par surcroît, Dupont me plaise aussi!

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière…

Il convient que le bougre ait une bonne poire
Sinon, me ravisant, je détale à grands pas,
Car je suis difficile et me refuse à boire
Dans le verr’ d’un monsieur qui ne me revient pas.

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière…

Ils sont loin mes débuts où, manquant de pratique,
Sur des femmes de flics je mis mon dévolu.
Je n’étais pas encore ouvert à l’esthétique.
Cette faute de goût je ne la commets plus.

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière…

Oui, je suis tatillon, pointilleux, mais j’estime
Que le mari doit être un gentleman complet,
Car on finit tous deux par devenir intimes
A force, à force de se passer le relais

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière…

Mais si l’on tombe, hélas! sur des maris infâmes,
Certains sont si courtois, si bons si chaleureux,
Que, même après avoir cessé d’aimer leur femme,
On fait encore semblant uniquement pour eux.

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière…

C’est mon cas ces temps-ci, je suis triste, malade,
Quand je dois faire honneur à certaine pécore.
Mais, son mari et moi, c’est Oreste et Pylade,
Et, pour garder l’ami, je la cajole encore.

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère,
Je suis derrière…

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Chanson pour l’Auvergnat


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Chanson pour l’Auvergnat

Elle est à toi, cette chanson,
Toi, l’Auvergnat, qui sans façon,
M’as donné quatre bouts de bois
Quand, dans ma vie, il faisait froid,
Toi qui m’as donné du feu quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
M’avaient fermé la porte au nez…
Ce n’était rien qu’un feu de bois,
Mais il m’avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encor’
A la manièr’ d’un feu de joi’.

Toi l’Auvergnat, quand tu mourras,
Quand le croqu’-mort t’emportera,
Qu’il te conduise, à travers ciel,
Au Père éternel.

Elle est à toi, cette chanson,
Toi, l’Hôtesse qui, sans façon,
M’as donné quatre bouts de pain
Quand, dans ma vie il faisait faim,
Toi qui m’ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
S’amusaient a me voir jeûner…
Ce n’était rien qu’un peu de pain,
Mais il m’avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encor’
A la manièr’ d’un grand festin.

Toi l’Hôtesse quand tu mourras,
Quand le croqu’-mort t’emportera,
Qu’il te conduise, à travers ciel,
Au Père éternel.

Elle est à toi, cette chanson,
Toi, l’Étranger, qui sans façon
D’un air malheureux m’as souri
Lorsque les gendarmes m’ont pris,
Toi qui n’as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants,
Tous les gens bien intentionnés,
Riaient de me voir emmener…
Ce n’était rien qu’un peu de miel,
Mais il m’avait chauffé le corps,
Et dans mon âme il brûle encor’
A la manièr’ d’un grand soleil.

Toi l’Etranger quand tu mourras,
Quand le croqu’-mort t’emportera,
Qu’il te conduise, à travers ciel,
Au Père éternel.

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Les trompettes de la renommée


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Les trompettes de la renommée

Je vivais à l’écart de la place publique,
Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique…
Refusant d’acquitter la rançon de la gloir’,
Sur mon brin de laurier je dormais comme un loir.
Les gens de bon conseil ont su me fair’ comprendre
Qu’à l’homme de la ru’ j’avais des compt’s à rendre
Et que, sous peine de choir dans un oubli complet,
J’ devais mettre au grand jour tous mes petits secrets.

Refrain

Trompettes
De la Renommée,
Vous êtes
Bien mal embouchées !

Manquant à la pudeur la plus élémentaire,
Dois-je, pour les besoins d’ la caus’ publicitaire,
Divulguer avec qui, et dans quell’ position
Je plonge dans le stupre et la fornication ?
Si je publi’ des noms, combien de Pénélopes
Passeront illico pour de fieffé’s salopes,
Combien de bons amis me r’gard’ront de travers,
Combien je recevrai de coups de revolver !

A toute exhibition, ma nature est rétive,
Souffrant d’un’ modesti’ quasiment maladive,
Je ne fais voir mes organes procréateurs
A personne, excepté mes femm’s et mes docteurs.
Dois-je, pour défrayer la chroniqu’ des scandales,
Battre l’ tambour avec mes parti’s génitales,
Dois-je les arborer plus ostensiblement,
Comme un enfant de choeur porte un saint sacrement ?

Une femme du monde, et qui souvent me laisse
Fair’ mes quat’ voluptés dans ses quartiers d’ noblesse,
M’a sournois’ment passé, sur son divan de soi’,
Des parasit’s du plus bas étage qui soit…
Sous prétexte de bruit, sous couleur de réclame,
Ai-j’ le droit de ternir l’honneur de cette dame
En criant sur les toits, et sur l’air des lampions :
 » Madame la marquis’ m’a foutu des morpions !  » ?

Le ciel en soit loué, je vis en bonne entente
Avec le Pèr’ Duval, la calotte chantante,
Lui, le catéchumène, et moi, l’énergumèn’,
Il me laisse dire merd’, je lui laiss’ dire amen,
En accord avec lui, dois-je écrir’ dans la presse
Qu’un soir je l’ai surpris aux genoux d’ ma maîtresse,
Chantant la mélopé’ d’une voix qui susurre,
Tandis qu’ell’ lui cherchait des poux dans la tonsure ?

Avec qui, ventrebleu ! faut-il que je couche
Pour fair’ parler un peu la déesse aux cent bouches ?
Faut-il qu’un’ femme célèbre, une étoile, une star,
Vienn’ prendre entre mes bras la plac’ de ma guitar’ ?
Pour exciter le peuple et les folliculaires,
Qui’est-c’ qui veut me prêter sa croupe populaire,
Qui’est-c’ qui veut m’ laisser faire, in naturalibus,
Un p’tit peu d’alpinism’ sur son mont de Vénus ?

Sonneraient-ell’s plus fort, ces divines trompettes,
Si, comm’ tout un chacun, j’étais un peu tapette,
Si je me déhanchais comme une demoiselle
Et prenais tout à coup des allur’s de gazelle ?
Mais je ne sache pas qu’ça profite à ces drôles
De jouer le jeu d’ l’amour en inversant les rôles,
Qu’ça confère à leur gloire un’ onc’ de plus-valu’,
Le crim’ pédérastique, aujourd’hui, ne pai’ plus.

Après c’tour d’horizon des mille et un’ recettes
Qui vous val’nt à coup sûr les honneurs des gazettes,
J’aime mieux m’en tenir à ma premièr’ façon
Et me gratter le ventre en chantant des chansons.
Si le public en veut, je les sors dare-dare,
S’il n’en veut pas je les remets dans ma guitare.
Refusant d’acquitter la rançon de la gloir’,
Sur mon brin de laurier je m’endors comme un loir.

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Georges Brassens


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Georges Brassens, né à Sète dans l’Hérault, le 22 octobre 1921.

Il mit en musique et interpréta, en s’accompagnant à la guitare, plus d’une centaine de ses poèmes et ceux d’autres poètes dont Paul Fort. Il enregistra de 1952 à 1976, 14 albums. Il reçut le Grand Prix de poésie de l’Académie française en 1967.

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Il est l’auteur des chansons : Les Copains d’abord, Chanson pour l’Auvergnat, Les Amoureux des bancs publics, La Mauvaise réputation, Je me suis fait tout petit, L’Orage, Dans l’eau de la claire fontaine, Les Trompettes de la renommée, Supplique pour être enterré à la plage de Sète, La non-demande en mariage, Mourir pour des idées et, sur un poème d’Antoine Pol, Les Passantes.

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Georges Brassens est mort à Saint-Gély-du-Fesc dans l’Hérault le 29 octobre 1981

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