Suite a un article du journal Le Monde, Boxartist vous informe… et cette info est scandaleuse.
Qu’un théâtre du prestige de l’Odéon reçoive une subvention de l’Etat, Bravo, car la culture est en marche… mais en ce qui concerne cette subvention, la somme frise l’indécence… et plus l’article nous informe… plus la honte nous gagne.
Selon le monde: « mercredi 7 décembre, le conseil d’administration de ce théâtre national – dirigé par le metteur en scène Olivier Py, auquel succédera Luc Bondy en mars 2012 – a voté à l’unanimité une subvention exceptionnelle de l’Etat, d’un montant de 750 000 euros. Cette rallonge budgétaire s’ajoute à l’enveloppe du ministère de la culture (11,5 millions d’euros) et sera vouée à la production de spectacles pour la rentrée 2012. »
Le pire est à venir… lorsque le metteur en scène Luc Bondy déclare « Quand le ministère m’a proposé de prendre la direction du théâtre, j’ai analysé le budget : il ne restait plus que 250 000 euros pour les créations de la rentrée, entre les mois de septembre et décembre 2012. Juste de quoi coproduire une création de Claude Régy avec un seul comédien. Ce n’était pas tenable. Je refuse d’être le directeur d’un monument historique mort. »
Le pauvre… seulement 250 000 euros… je me demande bien comment font les autres? Toutes ces compagnies privées, ces acteurs, metteurs en scènes qui chaque jour se battent pour leur art.
Nous continuons de citer le journal Le Monde « Depuis 2006, plaide-t-il, la subvention de l’Etat (11,5 millions d’euros) n’a quasiment pas augmenté, tandis que le coût de fonctionnement du lieu s’est alourdi (9, 5 millions d’euros aujourd’hui). Au final, la « marge artistique » de l’Odéon est passée de 3 millions d’euros en 2006, à 2 millions d’euros en 2011 – le budget total du théâtre, incluant les recettes de billetterie, de tournée, les partenariats privés, etc., s’établit à 15,3 millions d’euros. »
Et Clarisse Fabre du Monde complète l’information en comparant avec les autres théâtres nationaux : « Patron du Théâtre des Amandiers, à Nanterre, Jean-Louis Martinelli se montre à la fois bon joueur et amer. « Je me réjouis pour mon ami Luc Bondy. Mais, aux Amandiers, on a perdu 400 000 euros de marge artistique depuis 2007. Au final, la variable d’ajustement, ce sont les acteurs », déplore-t-il. « Tant mieux si l’Odéon est conforté, mais on aimerait bien un traitement d’équité pour les autres théâtres nationaux », souligne de son côté Stéphane Braunschweig, directeur du Théâtre de la Colline, à Paris. Que dire des Bouffes du Nord, un théâtre privé subventionné qui a perdu 700 000 euros de l’Etat au lendemain du départ de Peter Brook, en 2008 ? Les deux codirecteurs, Olivier Poubelle et Olivier Mantéi, font savoir qu’ »il y a lieu de se réjouir pour l’Odéon, mais qu’il y a tout autant lieu de s’inquiéter qu’une autre structure puisse perdre 700 000 euros« . Du temps de Peter Brook, le ministère de la culture soutenait les « Bouffes » à hauteur de 1,35 million d’euros. Aujourd’hui, il ne lui verse plus que 650 000 euros, tandis que la Ville de Paris contribue à hauteur de 70 000 euros. »
Une honte, donc.
BOXARTIST
Pour retrouver l’article du quotidien Le Monde :
http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/12/08/pour-l-odeon-750-000-euros-miraculeux_1615101_3246.html
