Le Tango: un chant, une danse.
septembre 13, 2008 in Danse by admin boxartist
Le tango est une danse et un genre musical qui provient des bords de la Río de la Plata et principalement de Buenos Aires, en Argentine à la fin du 19ème siècle.

Le Tango est l’alchimie parfaite entre une danse et un style musical. Il désigne le plus souvent une mesure à deux ou quatre temps plutôt marquée, mais avec un vaste éventail de tempos et de styles rythmiques très différents selon les époques et les orchestres.
Le tango se danse à deux. Ici c’est l’improvisation qui prime, et les deux partenaires marchent ensemble dans une direction improvisée et inconnue.

Le terme tango, a posé bien des problèmes sur sa réelle origine… Il est vraisemblablement originaire de la communauté noire d’Amérique latine issue de l’esclavage. Tango = Endroit où le négrier parquait les esclaves avant l’embarquement.
Le mot existe également dans certains pays africains; il est mentionné dans des documents espagnols pour parler de l’endroit où se réunissaient les esclaves noirs pour faire la fête. Certains disent que le mot proviendrait de l’incapacité des noirs africains à prononcer le mot tambour ou « tambor » en espagnol, et qui se serait transformé en « tango ».
Le Río de la Plata est alors le deuxième plus grand port d’immigration d’Amérique, après New York. Les nouveaux immigrants viennent de toute l’Europe : Italiens (une relative majorité d’immigrants étaient Italiens), Espagnols, Français, Allemands, Polonais, Russes, Ukrainiens, etc…
Les hommes quittaient leur pays en quête de fortune, si bien que la population de Buenos Aires se composaient de 70% d’hommes.
Au tournant du siècle, dans le Río de la Plata, les danses de salon venues d’Europe, mazurkas, scottishs, valses… sont renouvelées et arrangées par les Noirs.
On commence à danser le Tango dans des taudis et des lupanars, si bien que la nouvelle danse est vite associée à l’ambiance des bordels vu que les prostituées et les femmes de chambres sont les seules femmes présentes lors de ces réunions. L’univers très masculin de l’époque amène même les hommes à danser entre eux.

D’ailleurs, le Tango est dansé de façon très « corporelle », il est provocateur, explicite; c’est une danse très éloignée des moeurs puritaines de la bonne société de le l’époque.
Au début dans les petits orchestres, ce sont la guitare et la flûte qui tiennent le role pricipal, bien avant que ne s’impose progressivement le bandonéon.
Petit à petit le tango d’aujourd’hui va naître du mélange entre la danse des noirs qui métissent leurs danses avec les danses européennes de salons et des Blancs qui singent les figures des noirs pour se moquer d’eux.

Au début du XXe siècle, de nombreux jeunes hommes de bonne famille aimant faire la fete s’approprient le Tango. Mais cette danse est tellement irrespectueuse aux yeux de leur classe que c’est à Paris lors de leurs voyages initiatiques de jeunes bourgeois, qu’ils feront découvrir à la société parisienne cette danse. Très vite, le tango va être adopté par la capitale française.

On recense à la fin des années 40, prés de 600 orchestres de tango tournant à plein régime à travers l’Argentine, avec une concentration d’activité sur le grand Buenos Aires (qui compte 5 millions d’habitants au milieu des années 40).
Al Pacino – Scent of a Woman
Puis le Tango a suivi sa progression, donnant plus de place à la chanson où un homme allait l’incarner dans le monde entier : Carlos Gardel.

Carlos Gardel est né le 11 décembre 1890 à Toulouse, dans le sud de la France. Il s’appelle à l’époque Charles Romuald Gardès, fils de Marie Berthe Gardès. Il arrive à Buenos Aires à l’âge de 2 ans avec sa mère, célibataire de 27 ans, repasseuse de profession, partie du port de Bordeaux pour tenter sa chance dans le Nouveau Monde comme de nombreux immigrés à l’époque. Très rapidement il va devenir chanteur dans les cafés pour gagner quelques pièces de monnaies. On apprécie dès maintenant le timbre de sa voix, et Carlos Gardel parvient très vite à se faire une réputation dans les bars populaires de la capitale Argentine.
En 1911, à 21 ans, il fait connaissance de José Razzano, surnommé « El Oriental » (L’Oriental) en raison de son origine uruguayenne, et avec lequel il va former un duo chantant des chansons créoles.
C’est à cette époque que Carlos va changer son nom par celui qui le rendra célèbre dans le monde entier : Gardel.
En 1912, il enregistre 15 chansons sous le label de Columbia Records, sur lesquelles il s’accompagne lui-même à la guitare. La première de ces chansons s’intitule « Sos mi tirador plateado » qu’il réenregistrera plus tard sous le titre de « El tirador plateado ». Mais son répertoire se compose encore de chansons créoles.
C’est en 1917 qu’il est reconnu comme véritable chanteur de Tango en interprétant la chanson « Mi noche triste » (de Samuel Castriota et Pascual Contursi), étant donné que jusqu’à lors, le tango était surtout musical et sans paroles.
Dans les années 20, Carlos Gardel va amener le tango en Europe, en se rendant célèbre en France et en Espagne.
Le public de Buenos Aires l’a adoré. Il ne lui reste plus qu’à charmer l’Europe. Il fait un triomphe à Madrid puis à Barcelone, où sur les planches du théâtre Goya et du Grand Théâtre des Ramblas il est couronné comme le roi du tango. Le succés se confirme ensuite à Paris, plus éxigente, mais Carlos Gardel va conquérir sans problème le public parisien.
Sa voix pleine de magie va également triomphera plus tard à New York. En 1925, il se sépare de José Razzano, et à son retour en Argentine en 1926 il se consacre presque exclusivement à la chanson.
Entre 1934 et 1935 il part à la conquêtre du marché nord américain et enregistre 2 disques aux Etats Unis. Il chante à la radio et joue dans des films qui auront beaucoup de succés et lui permettront d’étendre sa renoméee sur tout le continent américain en tant que chanteur.
En 1934, Carlos Gardel est à New York pour jouer dans le film « El día que me quieras ». Il fait connaissance d’un jeune argentin de 13 ans qui habite New York et qui joue du Bandonéon : Astor Piazzolla.
Il se lie d’amitié avec ce gamin qui « joue du bandonéon comme un gallego (espagnol) », selon se que lui confie Carlos Gardel, et Astor Piazzolla lui sert d’interprète, ne connaissant pas l’anglais. La star l’emmène un peu partout et même aux studios de la Paramount où il lui confia le rôle de Canillita (petit vendeur de journaux) dans le film « El día que me quieras ».
A la fin du tournage, Carlos Gardel oraganise une fête avec les argentins et urugayens vivant à New-york, et à la fin de la soirée il demande à Astor Piazzolla de l’accompagner au bandonéon pour chanter « Arrabal amargo ». Les invités présents sont sous le charme et applaudissent à tout rompre le duo.
Il fait ensuite une tournée en Amérique centrale et en Amérique du Sud en 1935, passant par Puerto Rico, Aruba, Curaçao, le Venezuel et la Colombie où le destin va mettre fin de façon tragique à sa vie.
Le lundi 24 juin 1935, l’avion dans lequel il voyage s’écrase près de Medellin en Colombie, et Carlos Gardel meurt au sommet de sa gloire. Il est enterré dans le Cimetière de la Chacarita à Bunos Aires. Sa tombe est visitée par des admirateurs venant des quatre coins du monde.
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