Le TNB de Rennes

septembre 1, 2008 in Notez les Ecoles de Théâtre! by admin boxartist

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Fondée en 1991 par Emmanuel de Véricourt et Christian Colin à partir du Conservatoire National d’Art Dramatique de Rennes, l’Ecole de Théâtre du TNB est une action de formation supérieure subventionnée par l’Etat, la Ville de Rennes et le Conseil Régional de Bretagne.

Elle est ouverte sur concours (maintenant 700 candidats francophones venant de toute la France et au-delà) pour une promotion d’une quinzaine d’élèves sur 3 ans, qui sont boursiers. Les locaux sont ceux du TNB depuis 1994.

Le Responsable Pédagogique est nommé pour trois ans. C’est un artiste en activité. Les trois premiers ont été Christian Colin, Dominique Pitoiset puis Jean-Paul Wenzel.
Stanislas Nordey assure, depuis octobre 2000, la direction de la quatrième promotion. Ils ont fondé leur enseignement sur une pratique intensive, par des cours techniques et des ateliers dirigés par de fortes personnalités de la scène française.

Les intervenants majeurs ont été ou sont des artistes proches du TNB : Christian Colin, Claude Régy, Didier-Georges Gabily, Matthias Langhoff, Dominique Pitoiset, Jean-François Sivadier, Bernardo Montet, Evelyne Didi, Stanislas Nordey, Catherine Diverrès, Jean-Paul Wenzel, François Verret, Loïc Touzé…

Ce sont des artistes différents, mais exigeants, ayant une certaine idée du théâtre d’art, ne refusant pas l’engagement politique.

En 1999, Jean-Paul Wenzel invite, lors des Rencontres Théâtrales d’Hérisson, de jeunes acteurs de trois écoles à présenter leurs spectacles de « sortie » pour le TNS et le Conservatoire de Paris, et de seconde année, sous la direction d’Hélène Vincent, pour le TNB. Les quarante jeunes comédiens se sont également retrouvés autour d’Hélène Vincent, Olivier Perrier, Gildas Milin, Rémi Rauzier et Jean-Paul Wenzel pour élaborer un spectacle à partir de textes du poète russe Daniil Harms, en manière de « bœuf » théâtral final.

En 1994, alors que je m’occupais de Théâtre en Mai, j’étais déjà convaincu que le mal-être du théâtre français était aussi une crise de transmission de l’expérience : la formation de l’acteur est l’un des passages obligés d’une résolution de la problématique, et j’ai souhaité diriger le TNB également pour l’existence, en son sein, d’une Ecole de Théâtre. Le projet de transformer le TNB en Centre International pour la Mise en Scène a pris tout son sens : transmission, confrontation, contestation, innovation sont à leur place dans ce creuset.
En 2000, Stanislas Nordey est devenu le responsable pédagogique de l’Ecole.
Il a réenvisagé l’orientation de cette Ecole à partir de principes solides :

• être dialectiquement une Ecole dans un Centre Européen de Création Théâtrale et Chorégraphique
• fonctionner en master-classes de quatre à huit semaines dirigées par des intervenants de haut niveau, généralement associés à notre établissement
• construire l’Ecole, peut-être différemment, avec les élèves, pendant chaque promotion
• être une Ecole de pensée du théâtre et du monde
• faire accéder une nouvelle génération d’artistes et de publics au théâtre
• trouver le chemin de l’Europe, pour se plaire en compagnie des étonnants étrangers.

On l’a compris : la transmission est une question d’énergie politique.
L’Ecole est maintenant au cœur de notre théâtre, elle dispose de tout le quatrième étage, avec la salle de répétitions située sous Vilar : lieux de travail et lieux de vie.

Nous travaillons ensemble à ce que le comédien soit un connaisseur de tous les rouages du processus de fabrication théâtrale.
Car une Ecole de Théâtre est aussi une Ecole de Vie, où les qualités requises sont la simplicité, l’humilité, la sincérité, l’exigence, l’engagement. Le talent, repéré dès la sélection, pourra alors apporter ses fulgurances.

Depuis le 20 août 2001, l’Ecole du TNB est reconnue de niveau d’enseignement supérieur.

Entretien avec Stanislas Nordey

Laboratoire
« Je voulais aussi que cette première année tienne plutôt du laboratoire, sans présentation publique, car pour entrer dans une Ecole comme celle-ci, il leur a fallu passer des sélections rudes. Alors je souhaitais qu’ils vivent un temps pendant lequel ils n’ont rien à prouver, pour pouvoir chercher en eux-mêmes, tranquillement, sans obligation de résultat, et qu’ensuite ils soient bien armés au moment où ils vont montrer leur travail. »

Pédagogie
« Elle rejoint la manière dont je travaille sur les textes et la mise en scène. On est meilleur quand on est dans le doute. Cette phrase de Deleuze, « on n’enseigne bien que ce que l’on cherche » est une des premières que j’ai dû leur dire. Il faut qu’ils soient très vigilants, qu’ils soient des élèves pas faciles. N’avalez pas seulement, observez le geste pédagogique des intervenants. Je veux faire des jeunes gens curieux de tout. »

Spectacle
« L’Ecole comme prélude à une aventure humaine collective. On ne se perd pas dans le collectif, on s’y retrouve. Cette Ecole offre des conditions idéales, sur un parcours de trois années. Le principe même de changer de directeur pédagogique relativement souvent est intéressant… A l’issue de la formation on montera un spectacle qu’on essaiera de tourner, pour que ce ne soit pas seulement un témoignage de la fin d’un parcours. On les a formés pendant trois ans. Ils sont alors capables de porter un spectacle. »

Territoires
 » J’ai associé à l’Ecole le chorégraphe Loïc Touzé, qui travaille avec eux de manière continue sur le corps. Et puisque l’Ecole est ancrée en Bretagne, j’ai fait venir Eric Vigner qui travaille à Lorient, Roland Fichet qui travaille à Saint-Brieuc, les marionnettistes Julika Mayer et Renaud Herbin, installés dans le département … Il serait intéressant qu’à la fin de ce parcours certains restent, créent des compagnies ici, évitent l’embouteillage sur Paris. »

Texte
« Le premier objectif était pour moi de leur donner l’amour de la langue et de l’écriture. On a commencé en travaillant des langues très difficiles, Pierre Guyotat, Valère Novarina, Gilles Deleuze, Roland Barthes. Le cursus de la première année est construit là-dessus : faire que le premier enjeu, pour un acteur, soit de défendre des textes, de la parole, de la poésie . »

Théâtres
« La seconde année est plus orientée vers d’autres théâtres, comme celui de Claude Régy, ou de François Tanguy. Il s’agit de leur faire entendre qu’il n’y a pas un seul théâtre mais des théâtres, et la troisième sera plus orientée vers le spectacle en lui-même, dans tous ses éléments, les lumières, le son… Comment un spectacle est constitué pas uniquement de la force de l’acteur mais de plein de choses autour… On sera énormément dans le concret de ce qu’est le quotidien d’un spectacle. »

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6 Comments

  1. manuel said: On 20/09/2008

    Je suis étudiant au TNB. C’est une école formidable.

    http://promotion6tnb.blogspot.com/

    Notre blog…

  2. manuel said: On 20/09/2008

    Je suis étudiant au TNB. C’est une école formidable.

    http://promotion6tnb.blogspot.com/

    Notre blog…

  3. caitas said: On 23/02/2009

    après cette formation dans quoi se dirigent les anciens elèves, réussissent t’ils ?

  4. caitas said: On 23/02/2009

    après cette formation dans quoi se dirigent les anciens elèves, réussissent t’ils ?

  5. kibuche said: On 28/02/2009

    je souhaite essayer le concours! auriez vous quelques conseils? merci =)

  6. manuel said: On 01/03/2009

    Les éléves du TNB en général sont assez facilement professionalisé (l’une des écoles ou ça marche le mieux en Françe…) Plus d’info sur le site officiel. Moi j’y ai passé 3 ans, et c’est du bonheur. (presque toujours)

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